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Se déclarer en micro-entreprise pour faire de l'affiliation

Dès la première commission, l'affiliation est une activité qu'il faut déclarer. Pour la plupart des gens, ça passe par la micro-entreprise : la démarche est gratuite et se fait en ligne. Mais deux ou trois choix faits au moment de l'inscription pèsent pour toute l'année, et il y a ensuite des seuils à surveiller. Voici le parcours étape par étape, et les endroits où les débutants se trompent. Un point important : les règles et les montants changent d'une année sur l'autre. Ce guide t'oriente, il ne remplace pas un conseil personnalisé — vérifie toujours la valeur en cours sur les sites officiels.

⏱ 9 min de lecture 7 sections · 6 questions
01

Vérifie que tu as le droit de te déclarer

Avant de remplir quoi que ce soit, assure-toi qu'aucune règle ne te bloque. Étudiant, demandeur d'emploi, retraité, salarié du privé : dans la plupart des cas, tu peux ouvrir une micro-entreprise en parallèle.

Deux situations demandent une vérification. Si tu es salarié, relis ton contrat de travail et cherche une clause d'exclusivité : elle interdit toute activité annexe, même sans rapport avec ton emploi. Elle est fréquente dans les CDI à temps plein. La contourner, c'est risquer une sanction, voire un licenciement — si tu as un doute, pose la question par écrit à ton employeur. Si tu es agent public, tu dois demander une autorisation de cumul d'activités à ta hiérarchie avant de te lancer.

Enfin, une interdiction judiciaire de gérer ou une procédure de faillite personnelle en cours ferme l'accès au statut. En dehors de ces cas, la voie est libre : l'affiliation est une prestation de services, elle entre sans problème dans le cadre de la micro-entreprise.

02

Fais ta déclaration sur le guichet unique

Depuis 2023, toutes les créations d'entreprise passent par un seul site : formalites.entreprises.gouv.fr, géré par l'INPI. L'ancien portail auto-entrepreneur de l'URSSAF ne gère plus les inscriptions initiales, et les sites privés qui proposent de « t'accompagner » facturent une démarche qui est gratuite.

Tu choisis « créer une entreprise », puis entrepreneur individuel, et tu indiques que tu optes pour le régime micro. Prépare une pièce d'identité et un justificatif de domicile récent ; te connecter via FranceConnect fait gagner du temps. Pour l'adresse, ton domicile suffit si tu travailles chez toi.

Au moment de décrire ton activité, sois concret : « promotion de produits et services pour le compte de tiers, rémunérée à la performance » est plus clair que « marketing » ou « internet », qui font parfois revenir le dossier. Tu n'as pas à choisir ton code d'activité toi-même : l'INSEE l'attribue à partir de ta description.

Deux réglages sont à faire pendant la déclaration. Tu choisis d'abord la périodicité de tes déclarations de chiffre d'affaires, mensuelle ou trimestrielle : le mensuel lisse mieux la trésorerie quand les commissions rentrent de façon irrégulière. Tu peux aussi, si tu remplis les conditions (demandeur d'emploi, moins de 26 ans, création dans certains quartiers, entre autres), demander l'ACRE : elle réduit de moitié tes cotisations la première année. Elle n'est plus automatique — la demande se fait au moment de la création.

Une fois le dossier validé, le numéro SIRET arrive en quelques jours à quelques semaines — anticipe ce délai avant de signer un contrat avec une plateforme.

03

Le choix fiscal à faire dès l'inscription

Pendant la déclaration, on te demande si tu veux le versement libératoire de l'impôt sur le revenu. Le principe : au lieu d'intégrer tes revenus au barème progressif l'année suivante, tu paies l'impôt au fil de l'eau, sous forme d'un petit pourcentage de ton chiffre d'affaires, en même temps que tes cotisations sociales.

Ce n'est pas ouvert à tout le monde : ton revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année doit être sous un plafond, qui dépend de ta situation familiale. Et ce n'est pas toujours avantageux. Si l'affiliation est ton seul revenu et qu'il reste modeste, le versement libératoire peut te faire payer de l'impôt là où le barème classique ne t'aurait rien pris. Si tu as déjà un salaire confortable à côté, il peut au contraire te faire économiser.

Le réflexe : avant de cocher la case, fais tourner le simulateur officiel des impôts avec ta vraie situation. Ne choisis pas au feeling.

04

Les deux seuils à garder en tête

Le régime micro repose sur des plafonds de chiffre d'affaires. Le premier, le plus haut, fixe la limite du statut lui-même : pour une activité de prestation de services, il tourne autour de 77 700 € par an (le montant est revalorisé périodiquement). Le dépasser deux années de suite te fait basculer vers le régime réel, avec une comptabilité complète.

Le second seuil est plus bas et plus piégeux : c'est celui de la franchise en base de TVA. En dessous, tu ne factures pas de TVA et tu n'as rien à déclarer de ce côté. Au-dessus, tu dois facturer la TVA, la reverser et tenir le suivi qui va avec. Ce seuil a changé plusieurs fois en 2024-2025 et son niveau a été débattu — c'est précisément le chiffre à vérifier sur impots.gouv.fr avant de te lancer, puis à surveiller mois après mois.

L'erreur classique : ne pas suivre son chiffre d'affaires cumulé et franchir le seuil de TVA sans s'en apercevoir. Résultat, un rappel sur plusieurs mois, avec pénalités. Tiens un tableau tout bête, une ligne par encaissement, mis à jour à chaque paiement reçu.

05

Tes obligations une fois lancé

La micro-entreprise allège la gestion, mais elle ne la supprime pas.

Chaque mois ou chaque trimestre (tu choisis à l'inscription), tu déclares ton chiffre d'affaires sur le site de l'URSSAF — et tu dois déclarer même à zéro. Une déclaration oubliée, y compris pour une période sans recette, entraîne une pénalité.

Tu dois aussi tenir un registre des recettes : la date, le montant, l'origine et le mode de règlement de chaque encaissement. Un tableur suffit s'il est clair et tenu à jour.

Enfin, si ton chiffre d'affaires dépasse 10 000 € deux années civiles de suite, tu dois dédier un compte bancaire à l'activité. Pas besoin d'un compte « pro » facturé : un simple second compte courant, réservé aux flux de la micro-entreprise, remplit l'obligation et te simplifie la vie en cas de contrôle.

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06

Ce qu'il te reste vraiment sur chaque euro

Entre l'encaissement et ce qui atterrit sur ton compte perso, il y a plusieurs prélèvements.

Les cotisations sociales représentent de l'ordre d'un quart de ton chiffre d'affaires pour une activité libérale, et ce taux a augmenté ces dernières années — le pourcentage exact du moment est affiché sur le site de l'URSSAF. Ajoute l'impôt : soit le petit pourcentage du versement libératoire, soit une régularisation au barème l'année suivante.

La CFE (cotisation foncière des entreprises) s'ajoute à partir de la deuxième année — tu en es généralement exonéré l'année de création. Son montant dépend entièrement de ta commune : de quasiment rien à plusieurs centaines d'euros. Elle n'est pas due si ton chiffre d'affaires reste très faible.

Le réflexe qui évite les mauvaises surprises : mets de côté autour de 30 % de chaque encaissement sur un compte à part, dès le premier euro. Quand l'appel de cotisations ou de CFE tombe, l'argent est là.

07

Garde tout et prépare un éventuel contrôle

Même sous un régime simplifié, tu dois pouvoir justifier chaque euro encaissé. Conserve tes relevés bancaires, tes factures et tes relevés de plateformes d'affiliation pendant au moins six ans.

Le piège spécifique à l'affiliation : beaucoup de plateformes n'archivent pas indéfiniment l'historique des paiements. Prends l'habitude de télécharger chaque mois ton relevé de commissions et la facture correspondante, et de les ranger avec le reste.

L'idée que « personne ne viendra contrôler un petit affilié » est fausse : c'est souvent une incohérence entre les sommes qui arrivent sur le compte et les montants déclarés qui déclenche une vérification. Un classement simple, tenu dès le départ même pour quelques dizaines d'euros par mois, t'évite d'avoir à tout reconstituer dans l'urgence.

08

Questions fréquentes

Faut-il se déclarer avant de toucher une première commission d'affiliation ?

Oui. Tu dois avoir créé ta micro-entreprise et disposer d'un SIRET avant de percevoir un paiement, même faible. Encaisser des commissions sans être déclaré t'expose à une régularisation et à des pénalités.

On déclare le chiffre d'affaires brut ou net en affiliation ?

Le chiffre d'affaires brut : la totalité des sommes encaissées, avant toute dépense. En micro-entreprise, les frais ne sont pas déductibles de ce que tu déclares — l'abattement forfaitaire est censé en tenir compte.

À partir de quel montant faut-il facturer la TVA ?

Il existe un seuil de franchise en base : en dessous, pas de TVA à facturer ni à déclarer ; au-dessus, tu bascules. Ce seuil a évolué récemment et son niveau a été discuté — vérifie la valeur en cours sur impots.gouv.fr au moment de ta déclaration, et surveille ton chiffre d'affaires cumulé chaque mois.

Peut-on cumuler un emploi salarié et une micro-entreprise d'affiliation ?

Oui, sauf si ton contrat de travail comporte une clause d'exclusivité. Vérifie ce point avant de te lancer, et au besoin demande l'accord écrit de ton employeur. Les revenus de la micro-entreprise se déclarent séparément de ton salaire.

Un compte bancaire professionnel est-il obligatoire ?

Un compte dédié devient obligatoire si ton chiffre d'affaires dépasse 10 000 € deux années civiles de suite. Il n'a pas besoin d'être un compte « pro » payant : un second compte courant réservé à l'activité suffit.

Faut-il un expert-comptable pour une micro-entreprise ?

Non, ce n'est pas obligatoire : le régime est conçu pour être géré sans professionnel. Un point conseil aux entreprises (gratuit) ou une consultation ponctuelle avec un expert-comptable peut être utile si ta situation se complique, notamment autour de la TVA ou du choix fiscal.

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